Le porte-parole de l’Intersyndicale du ministère de l'Education nationale et de l'alphabétisation, David Bli Blé a estimé qu’aucune loi n’autorise l’Etat" à suspendre les salaires des responsables des syndicats qui ont observé une grève du 15 au 17 octobre pour réclamer une prime d’incitation, lors d’une rencontre avec la presse.
"Concernant les suspensions des salaires des leaders de syndicats, aucune loi n’autorise l’Etat à les suspendre pour fait de grève",a dit M. Bli Blé, tout en condamnant des "décisions abusives et les graves violations de la liberté syndicale".
Mi-octobre, des syndicats des secteurs de l’éducation-formation ont observé une grève de 72 heures, pour réclamer une prime trimestrielle.
Compte tenu du caractère illégal de ce mouvement de grève et en application de la loi,
En réaction, le gouvernement a suspendu le salaire de 26 principaux meneurs et effectué une retenue équivalent aux trois jours de grève" sur la rémunération des autres participants, évoquant le "caractère illégal" de ce mouvement de grève et "en application de la loi".
La loi (no 92-571) relative aux modalités de la grève dans les services publics qui stipule que l’absence de service par suite d’une cessation concertée du travail, entraîne une réduction proportionnelle du traitement ou du salaire et de ses compléments autres que familiaux,"n’a pas été respectée", selon le porte-parole de l’IS-MENA.
Face à la presse, il a soutenu que "des enseignants en formation, des enseignantes en congé de maternité, des fonctionnaires en congé maladie se sont vus illégalement ponctionnés".
Les syndicats tiennent le gouvernement pour "unique responsable de ce qui pourrait advenir de l’impact négatif de ces sanctions sur la qualité de l’école", a poursuivi David Blé, soulignant que la loi relative aux modalités de la grève dans les services publics est "inopérante, liberticide, anticonstitutionnelle et surtout contraire aux normes internationales".
M. Bli Blé a assuré que les syndicats vont se "battre pour abroger cette loi liberticide" en saisissant le Conseil constitutionnel et l’Organisation internationale du travail (OIT).
Tout en appelant les enseignants au calme, le porte-parole de l’intersyndicale leur a demandé de "rester mobilisés", expliquant que "les actes posés par le gouvernement visent à semer la peur et la panique dans les esprits et à couper le sommet à la base".
Une Assemblée générale est prévue le 30 novembre.